vendredi 28 août 2026

Le caporal Jean-Baptiste Chalvet doit quitter l’Empereur.

En octobre 1812, de Moscou, Napoléon demande que l’on passe en revue les hommes alors en dépôts ou dans les hôpitaux afin de rassembler les disponibles... il semble que l’on trouve 1 822 soldats prêts à partir rapidement et 4 547 malades dont il faut attendre la guérison... C’est peu.

Alors, il est fait appel à la classe de 1813... le recrutement dure tout le mois de novembre pour un résultat... insuffisant. Il reste environ 80 000 hommes dans les “cohortes” qui ne doivent pas être employées hors du territoire français... c’est embêtant... on galvanise donc les troupes pour que ces hommes se portent volontaires pour faire campagne... et ils sont nombreux à le faire... Devant tant de bonne volonté, l’Empereur se sent obligé de faire rendre un sénatus-consulte (décision du Sénat valant loi)... celui du 11 janvier 1813... qui appelle à l’activité les cohortes en question... et puis, bon, puisque de si jeunes gens semblent tellement désireux de servir, l’Empereur, par le même sénatus-consulte ordonne la levée par anticipation de 150 000 conscrits de la classe de 1814... les effectifs sont ensuite renforcés, en avril de la même année, par la levée de 90 000 hommes supplémentaires de cette même classe de 1814 dont, Jean-Baptiste Chalvet né le 11 avril 1794 à Chaudes-Aigues dans le Cantal.

Avec un enthousiasme presque juvénile Jean-Baptiste devient le matricule 12 949 et entre au service du 145e régiment de ligne le 02 mai 1813. Son baptême du feu : Lützen... il n’a reçu aucune instruction militaire... il a simplement été doté d’un uniforme trop grand et de souliers trop petits... les “vieux de la vieille” sont d’abord perplexes, voir réticents et grognent plus dur encore que d’habitude, maugréent dans leur barbe contre ces bleus à leurs côtés qui les mettent plus en péril qu’ils ne les secondent mais les prennent finalement, peut-être même paternellement, sous l’aile protectrice de leur grande connaissance des batailles. 

Bataille de Lützen

 

Jean-Baptiste apprend vite... très vite... Il est à bonne école, son idole : l’Empereur ! Ses maîtres : les “Grognards” qui l’entourent encore et qui l’ont tant protégé hier... Aujourd’hui, il est leur égal et la vieille garde est époustouflée par son courage et son art de la survie... Jean-Baptiste passe caporal le 06 janvier 1814... il n’a pas encore 20 ans et seulement quelques mois d’expérience militaire.

Toujours empli de fougue et de feu, Jean-Baptiste participe, au mépris de sa vie, à la campagne de France... ce 9 mars 1814, l’Empereur lui parle... à lui, le petit caporal Chalvet... mais dès le lendemain, Jean-Baptiste se sent bien las, ses idées sont même un peu confuses... l’attaque contre les villages de Semilly et d’Ardon décidée par Napoléon n’a pas permis de débloquer l’accès de Laon et, dans la soirée, l’Empereur sonne la retraite vers Soissons. 

Retraite après la bataille de Laon (Meissonnier)

Le 30 mars suivant, la bataille de Paris marque la fin de la belle exaltation de Jean-Baptiste qui accompagne Napoléon à Fontainebleau qui abdique en avril... en gardant la souveraineté... de l’Ile d’Elbe...

Jean-Baptiste a du mal à retenir son émotion... il n’est pas sélectionné pour escorter “son” Empereur en exil, il doit lui dire adieu ce 20 avril...

Adieux à la Garde impériale (Montfort - Illustration tirée de wikipédia)

Jean-Baptiste regagne Paris et le foyer de son frère Guillaume qui, bien que pas mécontent de voir le retour des Bourbons sous les traits de Louis XVIII le Désiré, accueille son cadet les bras ouverts.

Catherine Livet 

 


 

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