Bonjour mon lecteur,
En ce jour où nous fêtons saint Désiré, il me vient un souvenir qu'il serait dommage de perdre.
J'attendais mon premier enfant depuis très longtemps... Le bébé prenait son temps et, avec son père, nous avons eu tout le loisir de nous mettre d'accord sur le prénom qu'il allait recevoir... Les 42 semaines "maximales" d'attente étaient déjà loin... J'avais une surcharge de poids considérable à trimballer au quotidien... Ma grossesse a été très surveillée et, bien que je ne souhaite pas alors connaître le sexe de l'enfant à naître, il est arrivé un moment où il n'était pas besoin d'être échographe pour voir que c'était un garçon qui était attendu.
Pendant ces trop longues semaines - pour moi -, mon père a appelé mon fils, Désiré !
Le début du mois de juin 1988 a été particulièrement chaud... J'avais pris 22 kg ! J'avais du mal à me mouvoir... J'étais allé promener le chien... Impossible de rentrer à la maison... Je me suis assise sur un banc, Lambert - mon setter irlandais - s'est couché dessous... Nous avons attendu... Enfin, un monsieur qui promenait son chien est apparu, je l'ai appelé à l'aide... il est allé sonner chez moi, à même pas 50 mètres, le futur père est arrivé et, aidé de ce monsieur dont j'ai oublié le nom, m'ont aidée à monter dans la voiture... direction l'hôpital... Mais "Désiré" ne voulait pas quitter le sein de sa mère... La situation devenait critique, il a été décidé de provoquer l'accouchement... le jour où le personnel hospitalier était en grève... C'est le gynécologue-obstétricien, devant la carence de personnel, qui a "bricolé" le produit pour provoquer la naissance... Il n'y avait qu'un seul anesthésiste pour tout l'hôpital... Une sage-femme est allé le chercher en urgence... Car, contrairement à ce qui était prévu, les contractions sont arrivées très rapidement, "Désiré" semblait soudain très pressé de venir visiter le monde... Les deux sages-femmes, le gynécologue et les deux puéricultrices réquisitionnées étaient à mon chevet... Tous me transmettaient leur peur... C'est moi qui les rassurais lorsque l'aiguille du monitoring dépassait le seuil de la douleur tolérable... Je ne pouvais même plus parler, je restais les yeux fixés sur cette aiguille et, lorsqu'elle atteignait un certain niveau, je savais qu'elle allait se stabiliser et redescendre... À ce moment, je faisais signe à mon entourage que ça allait aller... Dès que l'aiguille redescendait, j'en profitais pour respirer à fond, me requinquer... L'anesthésiste est arrivé au pas de charge... il m'a dit, très désolé, que la péridurale n'allait pas faire effet tout de suite... Il s'est trompé - et en a été très heureux -, j'ai senti le liquide couler le long de ma colonne vertébrale et la douleur reculer... "Désiré" est né, beau bébé de plus de 4 kg, de vrais cheveux sur le crâne et les yeux ouverts... Seulement deux heures après le déclanchement des contractions, mais après presque 11 mois de gestation !
L'enregistrement du monitoring avec ses pics de contractions au-delà de la douleur supportable est resté, heureusement, très bon pour le rythme cardiaque du bébé. Il a fait le tour de la maternité pendant plusieurs jours... j'en ai été la vedette... Je ne sais pas trop pourquoi, car la joie d'être mère m'avait déjà fait oublier ce fâcheux moment...
Catherine Livet
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