lundi 6 mars 2023

Les mystères Noval : Episode 4

Vers le début de l'histoire

Coup de théâtre au sein du couple Noval au cours de l’année 1911, celle où nous avons retrouvé Marie Thérèse Moulin, avec ses trois filles, à Appeville pendant que son époux, Théophile Albert, résidait toujours à Epreville-en-Roumois. Marie-Thérèse demande, et obtient, le divorce. Le jugement, rendu par le tribunal civil de Pont-Audemer le 13 juin 1911, est signifié à Théophile Albert Noval le 26 juillet suivant. Il n’a même pas constitué avoué, il ne fait ni opposition, ni appel de la décision alors même que le divorce est prononcé au profit de son épouse à qui il doit verser une pension alimentaire de 30 francs par mois, payable d’avance, par trimestre, à compter, à effet rétroactif, du 10 mars 1911. Préalablement au prononcé du divorce, Marie Thérèse aurait obtenu l’autorisation de vivre ailleurs qu’au foyer conjugal, fixé légalement à Epreville. Seulement, on se demande si Marie Thérèse a, un jour, vécu sous le même toit que son époux.

Je ne sais pas ce que vous pensez de la situation mais, pour ma part, je m’attendais à un nouveau mariage de Marie Thérèse… Mais non, point de mariage et pas de naissance.

De quoi peut bien vivre Marie Thérèse Moulin ? Théophile Albert Noval lui verse-t-il régulièrement la pension alimentaire qu’il lui doit ? Pourquoi vit-elle à Appeville alors que sa sœur, Adélaïde Augustine vit toujours à Brestot ou pourquoi ne pas s’être rapprochée de leur frère qui a installé sa famille à Le Bec-Helloin ? Être plus près des siens lui aurait sans doute apporté quelques facilités pour élever ses filles. Mais le malheur continue de frapper et, le 09 janvier 1913, Joseph Amédé Quesney, le mari d’Adélaïde Augustine Moulin, décède à son domicile, au hameau des Chèvres à Brestot. Mais un nouveau petit mystère entoure sa mort, car il semble bien que personne ne s’attendait au décès du charron de 41 ans, en tous les cas, aucune bonne âme n’a veillé sur lui et il a fallu que le docteur Spanelly se déplace de Routot pour constater le décès et fixer l’heure de la mort entre deux et six heures du matin. Où était son épouse ? N’a-t-elle pas vu que son mari était en train d’expirer ?

Malgré tous ces mystères, la vie continue et, en 1914, Marie Thérèse, divorcée de Théophile Albert Noval, donne le jour à une petite fille, le 16 juin, qui reçoit les prénoms de Gilberte, Henriette et Simone. Sa mère la reconnaît le 19 suivant.

Et puis c’est la guerre et le départ d’Henri Auguste Moulin, le frère de Marie Thérèse et d’Adélaïde Augustine. Il n’est pourtant plus très jeune, il est né en 1878. Il ne reviendra pas et aura le grand honneur d’être déclaré Mort pour la France, tué à l’ennemi le 25 mars 1916 à Saint-Pierre-lès-Bitry, dans l’Oise.

Peut-être le père de la petite Gilberte, Henriette, Simone est-il lui aussi Mort pour la France… qui pourra un jour élucider ce mystère ?

En tous les cas, une chose est sûre, ce n’est pas Emile Ernest Lévêque qui est le père de la petite Gilberte. Lui aussi a participé à la Grande Guerre mais il est revenu. Né en 1878, il est veuf de Juliette Ernestine Levitre depuis le 14 septembre 1916. Le 10 février 1919, à l’hospice de Pont-Audemer, Marie Thérèse Moulin donne la vie à Renée Marcelle Emilienne ; si la mère est dite habiter Pont-Audemer lors de l’accouchement, c’est à Appeville qu’elle reconnaît sa fille le 15 avril suivant. Ce n’est pourtant que le 23 octobre 1920 que Marie Thérèse Moulin épouse le père putatif de la petite Renée qui la reconnaît pour sa fille et Renée est légitimée par le mariage de ses parents...

Nous sommes bien heureux pour eux et nous leur souhaitons tout le bonheur possible. Laissons les vivre tranquillement en ne jetant qu’un regard de temps à autre. En 1923, c’est un garçon qui sort du sein de Marie Thérèse, après cinq filles, voici donc le petit Marcel. Mais voilà qu’en 1931, le mystère Noval, celui que j’avais levé en demandant qui étaient les enfants sur la photo, s’épaissit. Marie Thérèse Moulin, divorcée de Théophile Albert Noval, et son époux, Emile Ernest Lévêque, habitent toujours à Appeville, dans le quartier des Planets, leur fils Marcel vit au foyer mais, il n’est pas le seul enfant. Un garçonnet d’environ 4 ans est hébergé chez eux, il est le petit-fils de Marie Thérèse ; il a pour nom Royer, son prénom n’est pas Roger, mais Georges Louis et il n’est pas né dans la Sarthe, où Blanche Noval s’est mariée, mais à Corneville-sur-Risle, dans l’Eure, à 5 ou 6 km d’Appeville. Alors, sommes-nous bien en présence de l’enfant que mon père, René Livet, a connu sous le prénom de Roger où Georges Louis en est-il le frère ?  Et, où est Blanche ? Pourtant, peu après la naissance de cet enfant, qui s’est produit le 12 septembre 1927, Blanche Noval et Louis Henri Royer se sont mariés, le 21 octobre, à Saint Célerin, dans la Sarthe. Quel est donc le mystère de cet enfant ?

Bien entendu, vous l'aurez compris, ce n'est tout de même pas les interrogations autour du - ou des - fils de ma grand-tante Blanche qui a heurté ma morale. Il y a ce fait surprenant que j'ai découvert il n'y a pas si longtemps... 

Reprenons le fil. 

À ce stade de l'histoire, Théophile Noval semble ne jamais avoir mis les pieds à Brestot où, néanmoins, ses enfants sont nés. Son ex-femme, Marie Thérèse Moulin, a eu d'autres enfants et s'est remarié avec un veuf avec lequel elle demeure à Appeville. À brestot, réside toujours Adelaïde Augustine Moulin, la sœur de Marie Thérèse. Elle est, comme nous l'avons vu, veuve depuis le 09 janvier 1913.
Le 11 février 1918, chez elle, au hameau des Chèvres où elle vivait avec son époux, elle donne le jour à une petite fille à laquelle on donne les prénoms d'Albertine, Louise et Adolphine. Quoi de plus normal pour cette veuve de "refaire sa vie" ? D'ailleurs le père putatif du nouveau-né n'est pas un amant de passage, il vit à Brestot, au hameau des Chèvres, dans la même maison qu'Adelaïde Augustine Moulin et, c'est lui qui fait la déclaration de naissance de la fillette dont il déclare qu'il la reconnaît comme sienne. L'avez-vous deviné ? Le père est Téhophile Albert Noval !

Catherine Livet

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Vers le début de l'histoire

 

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